Again.

Again.

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 11:38

Modifié le vendredi 07 août 2009 09:44

Chapitre un - prologue

Chapitre un - prologue
La ruelle semblait se refermer sur elle-même dans la nuit, de grosses gouttes tombaient des gouttières et l'absence de vent et de bruit, en dehors de la pluie, rendait l'aspect de l'endroit lugubre. Les vitrines des restaurants fermés depuis déjà plusieurs heures remplissaient le lieu d'ombres inquiétantes. Contre un mur, cachée par une poubelle, se dessinait une forme humaine, noire, luisante et inerte.
Soudain, tout près du cadavre, un cri retentit. Un son à glacer le sang, à paralyser de terreur, qui se répandait dans la nuit froide et humide.







Je me dirigeais vers ma salle de classe, décontracté, irrésistible, comme d'habitude. Je riais avec mes amis, Charles, Vincent et Paul quand une fille brune aux cheveux bouclés, assez jolie et de taille moyenne s'approcha de moi. Au début sa pâleur et ses yeux rouges ne me permirent pas de la reconnaître, puis je me rendis compte que c'était Julie, la meilleure amie de ma s½ur, Clara.
- Bonjour beauté, commença Vincent en plaisantant, mais le regard et l'expression de la fille lui firent ravaler ses paroles.
- Martin je voulais savoir comment t'allais, enfin et aussi ta mère..., me dit-elle.
Je ne comprenais pas et je la regardais avec de plus en plus d'incompréhension.
- T'es pas... t'es pas au courant?
Tout à coup elle se mit à pleurer, à gros sanglots incontrôlables. Je la pris par les épaules et la secouai vivement.
- Qu'est-ce qui passe? Pourquoi tu pleures? demandai-je, je commençais vraiment à être inquiet.
- Clara, elle est... elle est m... Elle est morte! cria-t-elle et elle s'enfuit en courant, je m'élançai sur ses talons et l'attrapai par le bras:
- Qu'est-ce que tu racontes? Qu'est-ce qui s'est passé? Pourquoi tu dis ça? hurlai-je presque et toutes les personnes présentes dans le couloir se retournèrent.
- Avant hier soir, on est allé en boîte et... et elle a voulu sortir parce qu'il faisait, il faisait trop chaud, tu comprends, et puis elle avait mal à la tête et...
- Et quoi?
- Je la voyais plus revenir alors je suis sortie et je l'ai cherché et...
A ce moment je n'arrivais plus à distinguer son visage tellement elle tremblait et pleurait.
- Et quoi?
- Je l'ai trouvé, par terre et elle bougeait plus et, putain elle était morte!
Soudain ce fut comme s'il n'y avait plus personne, je n'entendais plus rien, je la regardais, tentant de percer quelque chose me prouvant qu'elle mentait mais à son regard je compris. Ce n'était pas un simple accident, ce n'était pas une blague, ce n'était pas rien. Pourtant je ne voulais pas y croire et je me mis à courir, j'entendis qu'on m'appelait mais je ne me retournai pas. Je dévalai les escaliers et me retrouvai dan le hall. Je laissai tomber mon sac, n'en voulant plus. San réfléchir je me dirigeai chez moi. Arrivé, je me ruai dans la maison à la recherche de ma mère. Elle était dans sa chambre, recroquevillée contre son lit.
- Maman! Dis-moi que ce n'est pas vrai? Julie m'a dit que Clara était...je m'interrompis, voyant les yeux rougis de ma mère.
Non! Ca peut pas être arrivé, vous vous foutez tous de moi c'est ça? Mais intérieurement je savais, j'avais tout deviné, depuis le début, depuis que Julie était apparue devant moi.
Je m'asseyais contre le lit, à coté de ma mère, sans rien dire. Nous restâmes ainsi pendant plus d'une demi-heure puis je pris la parole:
- Pourquoi j'étais pas au courant?
- Tu étais chez des amis et je ne voulais pas tout gâcher, je voulais que tu ne saches rien encore un petit moment, dit-elle d'une voix neutre, dénuée d'expression.
- Mais comment ça a pu arriver? Comment on a pu l'a...? On l'a tu... ou elle est...
commençai-je mais elle me coupa:
- Non, on la tué. Un coup de couteau, ça lui a été fatal.
Ma mère parlait comme un automate, ne semblant rien ressentir. Les yeux dans le vague, les mains tremblantes et en peignoir, elle ne semblait, rien qu'en voyant son visage, rien ressentir.
- Mais pourquoi? demandai-je bien malgré moi.
- Je ne sais pas.
Au bout d'un moment qui me parut une éternité, je me levai et marchai jusqu'à ma chambre. Je m'appuyai contre la porte, tentant de ne pas m'évanouir. J'avais envie de vomir. Je me couchai sur mon lit et là, seulement là, je me mis à pleurer. Mais pas comme pour les chagrins sans vraiment d'importance, plutôt comme si un mécanisme invisible me soulevait le ventre violement et faisait jaillir des milliards et des milliards de larmes de mon corps. Je n'avais jamais vraiment pleuré avant, ou peut-être étant petit mais j'avais toujours eu une vie sans problème, sans catastrophe. Mais à ce moment-là je pensais ne jamais pouvoir m'arrêter. Elle était partie et moi j'étais seule. J'étais bien loin de la vérité.

# Posté le lundi 24 novembre 2008 12:38

Modifié le jeudi 05 février 2009 12:56

Chapitre deux.

Chapitre deux.
Quatre jours avaient passé. Je n'étais pas retourné au lycée depuis. Je ne pouvais pas. Vincent, Charles et Paul m'appelait de temps en temps mais ils ne savaient pas vraiment quoi me dire, en plus ils n'avaient jamais été proche de ma s½ur, ils ne pouvaient pas comprendre.
A l'enterrement, la famille, ses amis et quelques professeurs furent présents. Tous n'arrêtaient pas de me dire combien Clara allait leur manquer, combien elle était intelligente, belle, pétillante,... Ce n'était pas ce que je voulais entendre. Ca ne me remontait pas le moral, au contraire ça me rendait encore plus triste que jamais de ne plus pouvoir lui parler, la taquiner, la serrer dans mes bras,... Et pendant que je pensais à tout ça, je voyais Julie à quelques mètres devant moi qui ne disait rien, ne pleurait pas. Elle s'accrochait à la manche de son père comme si elle allait tomber. C'était la seule qui n'était pas venue essayer de me réconforter. Je m'approchai d'elle, dit bonjour à ses parents, sa mère me prit dans ses bras mais ne dit rien. Je me tournai vers Julie:
- Salut, dis-je d'une voix étrange, qui ne ressemblait pas à la mienne.
Elle ne répondit pas, me sourit vaguement, d'un sourire sans joie mais qui me fit du bien.
- Je peux te parler un moment seuls, s'il te plaît? demandai-je.
Elle acquiesça. Nous allâmes nous asseoir sur un banc en face de l'église.
- Je voulais te dire que je suis désolé, j'aurais dû savoir que vous alliez en boîte, j'aurais du la prévenir, c'est de ma faute...
- Bien sûr que non! C'est moi, si je ne l'avais pas laissé sortir ou si j'étais allée avec elle, ça ne serait peut-être jamais arrivé...
- Mais on n'en sait rien! Si je lui avais parlé avant, si...
- Mais c'est pas de ta faute! Tu saoules! Arrêtes de jouer au héros sexy qui veut tout encaisser, ça marche pas avec moi!
- Qu'est-ce que tu dis?
- Tu sais très bien que t'y es pour rien mais tu veux jouer au mec fort, tu veux te la frimer et dis pas le contraire c'est exactement comme ça que t'es!
- Tais-toi! T'as pas le droit de me parler comme ça! Tu dis n'importe quoi, si je pense que c'est de ma faute alors je le pense ou alors c'est de ta faute mais j'essayais de te le faire oublier! T'as pas pensé à ça?
- T'es affreux! T'as pas le droit de dire ça! Je te déteste!
- Détestes-moi! Je m'en fous!
Julie s'enfuit en courant et moi je restai seul, sur le banc, essoufflé. Je ne m'en foutais pas du tout, loin de là. Elle avait raison, je jouais un jeu, comme d'habitude, même si je me sentais coupable je voulais lui plaire, je voulais qu'elle m'admire, comme les autres filles. Mais elle n'était pas comme l'une d'elles, peut-être parce qu'elle était la meilleure amie de ma s½ur et donc qu'elle me connaissait un peux mieux que les autres ou tout simplement était-elle moins naïve à cause de ce que je lui avais fait?
A la fin de la journée, j'étais exténué et je n'arrivais pas à pleurer, j'étais comme vidé de l'intérieur. Je me mis à penser à Clara et à la façon étrange de sa mort: qui avait pu vouloir la tuer? Etait-ce de la vengeance ou une simple coïncidence et qu'elle n'avait eu tout simplement pas de chance? L'enquête policière ne progressait pas, Clara n'avait pas d'ennemi, elle était appréciée de tout le monde donc on pensait que c'était juste un dingue qui avait voulu profiter d'elle. L'autopsie montrait qu'elle n'avait pas été agressée sexuellement, mais elle portait des marques de strangulations et des bleus sur les bras. Le coup de couteau qu'elle avait reçu était la cause de la mort. Je voulais à tout prix trouver le sinistre "salop" qui avait osé faire du mal à ma s½ur. Mais je ne savais pas comment, je n'avais aucune piste et la police non plus. Je m'endormis dans le fauteuil du salon, ma mère était déjà allée se coucher depuis plusieurs heures.
- Bouge crétin! Tu m'écrases! Oh et putain tu pues l'alcool, t'es complètement bourré! dit ma s½ur en riant à moitié.
- J'y peux rien, ils ont déplacé la maison, elle tient pas debout, elle est de travers...
- C'est toi qui tiens pas debout! Tu veux pas aller de poser quelque part, je sens que tu vas gerber, continua ma s½ur, écroulée de rire.
- Ha ha, c'est très drôle, et puis je ne suis même pas bourré d'abord, je suis de très, très bonne humeur.
- Ouais c'est ça...
- Ok c'est bon je me casse, je vais dans ma chambre.
Je sentais la maison tanguer ou alors était-ce moi? C'était sûrement ça. J'entendis ma s½ur crier:
- Au lycée! Et vive la libération! Le collège, c'est fini!
Tout le monde hurla, tandis que je montais les escaliers pour aller m'allonger sur mon lit. Je vis, assise contre un mur, une fille très belle qui portait un short en jean et un T-shirt col en V orange et jaune pâle.
- Qu'est-ca que tu fais la beauté? demandai-je.
- Je me sentais pas bien, j'avais la tête qui tournait et il y avait trop de bruit alors je suis allée ici. Je suis désolée d'être rentré dans ta chambre mais c'est la première en montant alors...
- C'est bon relax, t'as rien fais de mal, moi aussi je me sentais pas très bien, Clara m'a viré, j'étais un peu chiant, et puis,... enfin tu la connais, dis-je.
Pendant que je parlais, je m'avançais doucement vers Julie et elle se redressa, chancelante.
- Tu sais que tu es magnifique toi? susurrai-je en posant une main sur sa joue, je sais pas si t'as remarqué mais je passe mon temps à te regarder, tu me fais un effet fou, jarrète pas de penser à toi...
- Ha oui?
- Ouais, et même que je crois que je suis amoureux de toi alors qu'on se parle presque pas, mais t'as un de ces regards et...
Elle posa un doigt sur mes lèvres et s'approcha vraiment très près de moi, nos lèvres se touchant presque et elle dit:
- Je le pense aussi...
Je souris. Je sentais son parfum fruité agréable et envoutant et ses boucles brunes légèrement en bataille la rendaient plus belle que jamais. C'est alors que je l'embrassai. D'abord lentement puis ce fut de plus en plus passionné. Je la coinçai contre le mur pour qu'elle ne s'échappe pas. Elle passa une main sous mon T-shirt et moi dans ses cheveux puis elle enroula ses jambes autour de ma taille. Je n'avais plus la notion du temps, je me mis à déposer des baisers papillons dans son cou, sur ses joues, ses yeux, elle me mordilla la lèvre et nous nous remîmes à nous embrasser fougueusement jusqu'à ce que nous entendîmes un bruit qui nous fit sursauter. Je me retournai vivement.
- Martin! Tu te fais pas chier dis? T'as pas une copine déjà non?
- La ferme Vincent! Je l'ai plaqué hier donc non j'ai pas de copine, répondis-je légèrement énervé.
- Je vais y aller je crois, je suis pas dans mon état normal, il faut que j'aille voir Clara, annonça Julie qui était rouge et essoufflé.
Personne ne répondit et elle s'en alla. Puis Vincent m'adressa un sourire moqueur mais gentil et il s'éclipsa, me laissant seul. Je m'allongeai sur mon lit.
Je me réveillai en sursaut. La faible lumière du jour commençait à percer à travers les volets. Je me tournai vers l'horloge du salon et vit qu'il était cinq heures trente du matin. Mon cou me faisait atrocement souffrir, j'avais dormi dans une position étrange sur le fauteuil. Je me sentais bizarre. Le fait d'avoir rêvé de la fête de fin d'année où j'avais embrassé Julie me fit penser que je ne lui en avais jamais parlé. Enfait, elle était partie pendant toutes les grandes vacances, et la première semaine de la rentrée, elle m'avait évité. Et puis Clara était morte. Cette dernière n'était même pas au courant que sa meilleure amie et moi nous étions embrasser. Elle ne m'en avait jamais parlé en tout cas. Je décidai d'appeler Julie mais je n'avais pas pensé qu'il était encore tôt et qu'elle ne répondrait sûrement pas. Je tombai sur sa messagerie:
- Salut. Je suis désolé de t'appeler à cette heure-là... je viens de me réveiller dans mon salon... c'est assez compliqué à expliquer... en fait non, je me suis endormi alors que je pensais à... à des trucs et puis là j'ai pas vraiment la notion du temps.... Je voulais te dire que... ben heu... je m'en veux tu vois? Pour ce que je t'ai fait... enfin quand on s'est embrassé et que Vincent est arrivé... T'en as parlé à Clara? Parce que elle m'en a jamais rien dit...Et puis tout à l'heure quand on parlait, c'est vrai que je me la frimais un peu, j'admets, mais je voulais te plaire... Mais je me sens aussi coupable, j'ai pas complètement menti, et puis je pense pas du tout que ce soit de ta faute, je me suis emporté...J'ai vraiment besoin de parler...à toi je veux dire, mes potes comprennent rien, enfin je leur en veux pas mais bon... Encore désolé d'avoir téléphoné à cette heure-là. Au fait c'est Martin. Bisous, salut.
Juste après avoir raccroché, je regrettai de l'avoir appelée. Elle voudrait sûrement plus m'adresser la parole. Une larme coula le long de ma joue. Au bout d'une demi-heure je me dirigeai vers ma chambre et m'allongeai sur mon lit où je m'endormis presque aussitôt. A midi, ma mère vint frapper à ma porte pour m'annoncer que nous allions bientôt manger. Je me levai et allai me regarder dans le miroir, j'avais vraiment une mine affreuse. Avec les cheveux dressés sur ma tête et les yeux entourés de cernes, je ne ressemblais plus vraiment au garçon séduisant que je pensais être. Ma chemise blanche et mon pantalon noire étaient tout froissés et ma cravate complètement défaite. Je pris une rapide douche qui me fit un grand bien puis j'enfilai un jean droit bleu avec un T-shirt noir tout simple. Je ressemblais déjà plus à quelque chose. J'allais à la cuisine où ma mère avait préparé des steaks hachés avec de la purée. Nous mangeâmes en silence pendant un moment. Enfin elle parla:
- Je veux que tu retournes au lycée, c'est l'année de ton bac de français, il faut que tu travailles. Aujourd'hui on est samedi t'as pas cours, tu fais ce que tu veux, mais à partir de lundi...
- Maman! Je n'ai pas envie d'y retourner. Je veux pas qu'ils me regardent tous comme si...
- Comme si quoi? Comme si ta s½ur était morte?
Elle étouffa un sanglot, son menton tremblait.
- Tu vas y retourner, s'il te plaît, sois sympa.
- D'accord.
- Merci.
A la fin du déjeuner, je remontai dans ma chambre et je vis que j'avais un message sur mon portable. Un message écrit de Julie qui disait: "Retrouves-moi vers 3 heures devant chez moi, si tu veux." Je me sentis à moitié soulagé: elle voulait me parler. C'était déjà bien. Il était une heure et quart, ça me laissait le temps pour me préparer, quoique cela n'allait pas prendre trop de temps. En même temps je vis sur mon téléphone dix appels en absences, tous de Paul, Charles et Vincent excepté un de mon ancienne petite amie, Lucie. Je les effaçai pour qu'on ne puisse plus les voir.

# Posté le lundi 24 novembre 2008 12:43

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 11:48

Suite...

Suite...
Alors vous en pensez quoi?
Ca vous plaît?
Parce que ça sert à rien que je mette
cette histoire sur mon blog si vous aimez pas!
Faites comme ma chériiie Elise qui critique mes dialogues!!
Vous gênez pas, mais soyez pas trop méchant! ^^



Chapitre trois





J'arrivai devant sa maison. Il n'y avait encore personne, mais j'étais en avance. Devais-je aller sonner à la porte? Je préférai ne pas le faire. Elle avait dit devant chez elle. Donc j'attendis. Et pendant ce temps, je me repassais le moment où j'étais parti de chez moi et où ma mère m'avait interpellé:
- Tu vas où?
- Ca ne te regarde pas vraiment...
Elle m'avait lancé un regard appuyé.
- Chez Julie, avais-je grogné à contrecoeur.
- Pourquoi faire?
- Je sais pas si t'as remarqué mais d'autres gens que toi ne vont pas bien et elle en fait partie parce que je te signale que c'était sa meilleure amie, donc je vais lui parler, lui répondis-je.
- Tu me parles sur un autre ton!
- Je te parle comme je veux! T'es tellement obnubilée par ta souffrance que t'as même pas vu que je n’allais pas bien!
- Bien sûr que tu ne vas pas bien! On parle de Clara quand même et c'était ta s½ur, c'est normal! répliqua-t-elle.
- Oui mais est-ce qu’au moins une fois tu m'as demandé comment j'allais, est-ce qu'au moins une fois tu m'as pris dans tes bras?
-Je...
Je ne lui avais même pas laissé le temps de répondre, je m'étais enfui en courant et j'avais claqué la porte.
Soudain Julie apparut. Elle portait un sweat-shirt violet à col rond, un vieux jean slim abimé au genou et des converses qu'elles n'avaient pas fini de lacer. Elle s'approcha de moi sans un sourire, et semblait intimidée pour je ne sais quelle raison.
- Salut, fis-je.
- Salut.
- Ca va? Je ne t’ai pas réveillé avec mon appel?
- Non, mon portable était éteint sinon j'aurais répondu, répondit-elle.
- Je suis désolé pour ce que je t'ai dit, commençai-je mais elle me coupa:
- Arrête de t'excuser, je t'en veux pas, je comprends que tu te sois énervé, j'ai pas vraiment été cool avec toi.
- Je le méritais.
- C'est assez vrai.
Et là, ce fut la première fois que je vis un vrai sourire se dessiner sur ses lèvres depuis la disparition de ma s½ur.
- T'as réussi à dormir? questionnai-je.
- Non, pas vraiment, j'ai pas arrêté de faire des rêves désagréables, et toi?
- Moi pareil, sauf que j'ai fait un seul rêve et qu'il n'était pas vraiment désagréable...
Elle rougit et je me sentis fondre devant cette réaction pas vraiment inattendue.
- J'ai été touché par ton message, reprit-elle, et pour répondre à ta question, non, Clara n'était pas au courant.
Elle avait dit ça comme si cela lui coûtait énormément. Je la sentis sur le point de pleurer, je m'approchai d'elle et lui prit les épaules.
- C'est pas grave, elle aurait sûrement péter un câble! " Quoi? Comment t'as fait pour embrasser ma meilleure amie, espèce de crétin prétentieux, de crétin arrogant, comment t'as pu me faire ça?", imitai-je et Julie ria, elle avait une petit larme qui coulait sur sa joue, je lui essuyai de la main et elle rougit à nouveau.
- Tu veux pas qu'on marche? Je me sens un peu engourdie, j'ai pas vraiment bougé depuis une semaine, mes amis voulaient me voir mais j'avais pas vraiment envie de leur parler, me dit-elle.
- Ouais, moi non plus. Si tu veux, je veux bien marcher un peu.
- Merci. Sinon, je peux poser une question?
Je souris et j'acquiesçai de la tête.
- Est-ce que la police a trouvé quelque chose? Enfin je veux dire...
- Oui, moi aussi, je veux le retrouver et le...
Je ne savais pas ce que je voulais dire, ce que je voulais vraiment lui faire, à l'assassin de Clara, rien de ce à quoi je pensais n'était assez fort pour me soulager ne serait-ce qu'un peu. Nous gardâmes le silence pendant un petit moment.
- Alors comme ça t'es pas allé au lycée cette semaine? demandai-je.
- Non, je ne pouvais pas. J'ai appris que toi aussi, mon père avait appelé ta mère.
- Je sais, ça la beaucoup touché. Mais ma mère veut que j'y retourne, pour mon bac de français...
Elle resta silencieuse pendant quelques minutes puis:
- Et je voulais te dire, j'en ai ....commença-t-elle.
- Oui?
- J'en ai jamais vraiment parlé avec Clara mais je suis désolée pour ton père, votre père, quand il est mort, j'avais jamais vraiment fait attention et puis je me rendais pas compte.
- Nous non plus, enfin pas vraiment, j'avais quatre ans et Clara trois donc on s'en souvient pas vraiment.
Nous avançâmes jusqu'à un parc, nous ne disions plus rien, nos regards se croisaient de temps en temps.
Soudain j'entendis un cri d'hystérie, je me retournai et j'aperçus mon ancienne petite amie qui courait dans ma direction.
- Mon pauvre chéri, je suis trop désolé pour toi, je comprendrais très bien si tu voulais que je te console et tout et tout, commença-t-elle.
- Ho, ho, qu'est-ce que tu me fais Lucie?
Elle se jeta à mon cou et enchaîna, ne semblant pas avoir remarqué ni ma dernière phrase, ni la présence de Julie.
- Je sais que tu vas pas bien, et je pensais que tu voulais peut-être qu'on se remette ensemble...
- Tu penses que c'est pour ça que je vais pas bien?
- Bah oui, tu veux que ce soit quoi d'autre?
- Ma s½ur est morte.
Elle se figea. Elle semblait ne plus savoir quoi dire et moi, j'étais énervé, je crus un moment que j'allais la frapper mais je me retins et reprit:
- Alors non je ne veux pas sortir avec toi à nouveau, tu ne me plais pas, tu es conne et superficielle. Tu te soucies même pas des autres gens, tu ne penses qu'à ta gueule! Tu viens Julie?
C'est à ce moment que Lucie aperçut que je n'étais pas seul. Elle lui jeta un regard noir et se retourna en disant:
- C'est ce que tu dis, mais je suis sûre que tu vas vite changer d'avis.
- Ouais c'est ça...
Julie souriait, cela m'intrigua et elle le vit.
- Je sais pas comment tu fais pour sortir avec des filles comme elle, qu'est-ce qu'elle est c...
- Qu'est-ce qu'elle est quoi? Tu crois pouvoir me juger parce que je suis sortie avec une "pouf" et que toi t'es jamais sorti avec quelqu'un?
- Je...
-T'as pas de défauts toi peut-être?
- Ca veut dire quoi ça?
- Tu pars pendant deux mois puis après tu m'évites à la rentrée et il faut que Clara meurt pour que tu m'adresses la parole? Tu trouves pas que t'es chiée?
- Mais, j'avais pas confiance en toi! Vincent a même dit que t'avais une copine!
- J'en avais plus!
- Depuis un jour? Tu te fous de ma gueule?
- Mais t'es conne ou quoi? J'étais bourré, ça voulait rien dire! dis-je ne commençant à perdre patience.
- Alors pourquoi t'en fais toute une histoire comme si tu m'en voulais?
- Je t'en veux pas, je te trouve puérile, t'aurais pu me dire bonjour sans rien dire et ça se serait très bien passé!
- Ben peut-être que pour moi ça voulait dire quelque chose!
- Oh pauvre petite fille coincée! Que je te plains, encore un chagrin d'amour à résoudre! Mais réveille-toi, c'est pas parce qu'on s'est embrassé que tu dois être amoureuse de moi!
- J'ai jamais dit ça! hurla-t-elle avec les larmes aux yeux.
- Comme tu veux, répondis-je, comme si j'étais blasé, puis je me retournai et partis.
Je pris le bus pour me rendre au centre ville, puis allai sonner à l'interphone chez Charles qui habitait dans la rue principale. Je demandai à son père si je pouvais monter. Il accepta. Je trouvai Charles dans sa chambre, devant son ordinateur, sur msn. Je souris.
- A qui tu parles? A ta petite amie?
- Martin! Comment tu vas? Ca fait un bail qu'on s'est pas vu! Enfin je veux dire on s'est vu à l'... commença-t-il mais il s'arrêta et vint me serrer la main, gêné.
- Ca va. Dis, tu pourrais me rendre un service?
- Tout ce que tu veux.
- Tu pourrais m'aider à chercher l'assassin de Clara?
- Hein? Mais comment? La police va pas le retrouver?
- Ben pour l'instant, ils ne l’ont pas encore fait et je trouve ça long. Donc je voudrais que tu m'aides. Tu peux faire ça?
- Et qu'est-ce que je dois faire?
- Demande à ton frère, il était dans la même classe que Clara, peut-être qu'il pourrait nous dire si elle avait des ennemis...
- Ben eu.. Ouais si tu veux, je vais voir avec lui mais ce week-end il n’est pas là, il est chez des potes, je crois, donc si tu veux, je lui en parle et je t'appelle?
- Ok, merci.
En partant, Charles me regardait bizarrement, comme si je devenais fou et qu'il avait pitié de moi. A nouveau, j'eus un accès de colère et faillit le montrer en criant ou frappant mais je me retins. Je traînai encore une heure en ville et finis par arriver devant la boîte où Clara avait passé son dernier soir. Je voulu y entrer mais elle était fermée, je regardais ma montre, il était dix-sept heures et quart, c'est sur que ça n'allait pas être ouvert. Je me dis de repasser une autre fois et décidai donc de rentrer chez moi.
Ma mère n'était pas à la maison, je poussai un soupir de soulagement. Sur ma table de nuit, je vis mon portable que j'avais oublié. Presque trop précipitamment j'allai voir si Julie avait essayé de m'appeler. Elle ne l'avait pas fait. Comme si c'était étonnant après ce que je lui avais dit! Le téléphone de la maison sonna:
- Allô?
- Martin?
Tout de suite, je reconnu la voix de ma mère.
- Maman?
- Oui c'est moi. Ecoutes, je t'appelle pour te dire que je dors chez une amie ce soir.
- Et?
- Tu seras tout seul, il ya du poisson panné au réfrigérateur, et tu peux te faire une boîte si tu veux.
- D'accord, heu maman?
- Bisous, mon chéri.
Elle raccrocha. Je n'avais même pas eu le temps de m'excuser. Et pour la deuxième fois dans la journée, j'avais l'impression d'être un parfait idiot qui ne savait pas se retenir de parler, et de regretter ses paroles.

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 05:55

Modifié le jeudi 04 décembre 2008 10:46

Chapitre quatre

Chapitre quatre
Je la coinçai contre le mur pour qu'elle ne s'échappe pas. Elle passa une main sous mon T-shirt et moi dans ses cheveux puis elle enroula ses jambes autour de ma taille. Je n'avais plus la notion du temps, je me mis à déposer des baisers papillons dans son cou, sur ses joues, ses yeux, elle me mordilla la lèvre et nous nous remîmes à nous embrasser fougueusement lorsque j'entendis quelqu'un toussoter. Je me retournai.
- Mais qu'est-ce que vous faites? C'est ma meilleure amie, connard, lâche-là! hurla-Clara.
- C'est pas ce ...commença Julie.
- C'est pas ce que je crois? Tu plaisantes? Je meurs et mon frère n'arrête pas de rêver de toi! Il pense qu'à ça alors que je suis morte!
Soudain "Clara" se mit à grandir, grandir et grandir et je me sentis devenir tout petit. Elle disait que j'étais un traître ignoble et orgueilleux, qui ne pensait qu'à lui.
- Je vais te faire ce qu'il m'a fait, pour que tu te rendes compte, mon frangin, ajouta-elle.
Elle se mit à m'étrangler, je ne pouvais plus respirer, je commençais à voir trouble, puis elle sortit un couteau de je ne sais où et le brandis dangereusement dans ma direction... Je me sentis m'évanouir, je tombais, tombais...
- Et merde!
Je venais de me réveiller dans ma chambre, sur le plancher, en sueur. Cela faisait déjà quatre mois que je faisais des cauchemars de ce genre. Cela faisait quatre mois que je n'avais pas parlé à Julie. Cela faisait quatre mois que ma s½ur était morte. Cela faisait quatre mois que je me renfermais sur moi-même. Et je n'avais pas arrêté de rechercher le meurtrier de Clara mais en vain. Le frère de Charles ne m'avait pas beaucoup aidé, il m'avait juste paru désespéré et triste. Il devait être amoureux d'elle mais il ne m'en avait rien dit, je l'avais déduit. Comme je le présageais, Clara n'avait aucun ennemi, je devais me résoudre à croire à un assassinat qui n'avait pas vraiment de sens.
Les fêtes de fin d'année n'avaient pas été joyeuses. En tout cas pas pour moi, ni ma mère. Nous nous étions réconciliés, enfin si l'on peut dire que nous nous étions disputés, mais nous n'étions plus aussi proches qu'avant et même si elle essayait de cacher qu'elle n'allait pas bien, je le voyais. J'avais envoyé un cadeau à Julie deux semaines avant les vacances. Un collier avec un pendentif où son nom était inscrit. Je ne savais pas si elle le portait puisque nous nous évitions mutuellement, enfin plutôt elle, moi, j'espérais secrètement la voir, sans pour autant la chercher dans tout le lycée. Une fois seulement nous nous étions vus, dans un couloir, entre deux cours. Je l'avais regardé, elle aussi, puis elle avait détourné le regard en rougissant. Lucie ne me laissait plus tranquille depuis ce fameux jour au parc, elle était persuadée que je "l'aimais" encore. Maintes fois j'avais essayé de lui faire comprendre que non mais rien n'y faisait.
Rentrée de Janvier, huit heures trente du matin. Je ne voulais pas y aller. Mais j'étais obligé, à cause de ma promesse et de mon bac de français. Je n'avais aucun envie de m'en préoccuper mais pourtant il le fallait. J'arrivai devant les portes du lycée. Il n'y avait quasiment personne, j'étais en avance, une habitude que j'avais prise. Comme ça on ne me regardait pas, ou moins, avec un air de pitié que je détestais par dessus tout. J'allai en direction de ma salle de classe, en traînant un peu et en passant par des endroits où je ne passais pas d'habitude pour arriver pile à l'heure en cours.
Soudain j'aperçus Julie, adossée à un mur, elle était secouée par des sanglots incontrôlables. Je m'approchai doucement pour ne pas la brusquer, elle ne m'avait pas vu.
- Julie? fis-je.
Elle ne répondit pas. Je m'agenouillai devant elle et répétai-je que je venais de dire. Elle leva la tête.
- Martin... Qu'est-ce que tu fais là? demanda-t-elle.
- Là n'est pas la question. Qu'est-ce que toi tu fais, ici? Et pourquoi tu pleures?
- Je...
Elle n'arrivait pas à parler. Je la pris dans mes bras et elle me serra comme si elle avait peur que je parte et pleura de plus belle. Nous restâmes ainsi pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que je décidai de rompre cette étreinte.
- Julie... Raconte-moi, s'il te plaît, vas-y, tu peux me dire.
- Il... Il m'a appelée, plein de fois...
- Qui "il"?
- Je sais pas! Et il me disait que j'allais finir comme Clara, que j'étais qu'une... qu'une salope parmi tant d'autres et là tout de suite, je viens de recevoir un sms de lui.
- Il dit quoi?
- Tiens.
Elle me passa son portable et je regardai dans sa messagerie, pour le premier message de la liste, il y avait écrit:
"Inconnu: Lé apels ton plu? tkt pas yen aura dautres et biento plu... tu voi ce ke je ve dir?"
Je restai sans vois pendant un instant, je fixais l'écran sans bouger. Puis:
- T'as prévenu la police?
- Oui, ils m'ont dit que c'était sûrement une blague de rien du tout mais que si ça recommençait il fallait que je revienne les voir.
- C'était quand?
- Il y a trois mois, répondit-elle.
- Pourquoi t'es pas retourné?
Pendant que nous parlions, nous nous étions relevés et maintenant elle n'osait plus me regarder dans les yeux.
-Je sais pas, j'avais pas envie et puis je voulais pas inquiéter mes parents.
- Bon. Tu sors à quelle heure ce soir?
- Cinq heures.
- Moi quatre heures et demi. Je t'attendrai et on ira ensemble au commissariat, d'accord?
Elle acquiesça. La cloche retentit.
- T'étais où en cours?
- Là tout de suite? En physique mais j'ai reçu le message alors j'ai demandé à aller au toilettes sinon j'allais me mettre à pleurer devant tout le monde.
- Ok, je comprends. Moi, faut que j'y aille, je vais être en retard. On se retrouve ce soir, t'oublies pas?
- Non. Promis.
J'allai partir quand elle me retint par le bras et se mit sur la pointe des pieds pour m'embrasser. Ses lèvres sur les miennes me firent l'effet d'une décharge électrique qui se propageait dans tout mon corps. Puis elle se recula, me sourit timidement et partit.
Je restai encore immobile jusqu'à ce que je me rappelle que j'avais cours. Toute la journée se passa sans aucun événement particulier. Je commençais à me sentir un peu mieux, je parlais de nouveau avec Vincent, Paul, Charles et mes autres amis mais je ne pouvais m'empêcher d'être inquiet pour Julie. A la fin des cours j'allai m'acheter un croissant à la boulangerie la plus proche puis je m'installai devant le lycée.
Cinq heures et quart. Elle n'était toujours pas sortie alors que sa classe si. Je m'approchai d'un groupe de filles qui étaient dans la classe de Julie, je le savais car je les avais déjà vues ensemble, et leur demandai si elles ne savaient pas où elle pouvait être. Elles me répondirent qu'elle n'était pas allée en cours de l'après midi. Je ne comprenais pas. Avait-elle eu un problème avec sa famille? Etait-elle malade? Ou avait-elle trop peur de sortir à cause du message sur son portable? Peut-être. Mais pourtant elle m'aurait prévenu. Je me dirigeai chez elle, arrivé à sa porte je sonnai. Sa mère vint m'ouvrir.
- Bonjour madame, je suis Martin, le frère de Clar..., commençai-je mais elle me coupa:
- Je sais qui tu es, Julie m'a beaucoup parlé de toi. Vous ne deviez pas aller en ville après ses cours? Elle m'a envoyée un message à midi pour me prévenir.
- Hum... Si, si. Mais elle est pas venue au rendez-vous. Vous êtes sûre qu'elle n'est pas chez vous?
- Absolument certaine, je suis restée tout le temps à la maison, j'ai pris une journée de congé pour faire du repassage et nettoyer. Tu ne crois pas qu'elle soit encore dans le lycée?
- Ses copines m'ont dit qu'elle était pas venue en cours de l'après midi.
Elle commençait à s'affoler. Elle me jetait des regards effrayés au fur et à mesure que je lui expliquais pour les lettres que Julie avait recues. Cette dernière n'aurait sûrement pas voulu que j'en parle à sa mère mais tant pis. C'était fait.
- Il faut que je retrouve ces lettres, tu veux bien m'aider Martin? Après j'appelle mon mari et je vais au commissariat.
J'acquiesçai. Nous cherchâmes pendant une dizaine de minutes pour enfin trouver ce que nous cherchions sous le lit de Julie, entre deux cartons. Il y avait quatre enveloppes.
Chacune disait à peu près la même chose: "TU N'ES QU'UNE SALOPE PARMI TANT D'AUTRES, TU FINIRAS COMME ELLE, UN JOUR. J'ATTENDS ENCORE UN PEU. J'ADORE TE FAIRE LANGUIR."
- Je les apporte à la police, mon mari me rejoint là-bas, annonça la mère de Julie en tremblant.
- Je viens avec vous.
- Hors de question. Tu n'es pas de la famille, peut-être que tu l'apprécies mais tu ne peux pas venir.
- Mais...
Elle me regarda étrangement, comme si elle me suppliait et je finis pas accepter. En sortant, je ne savais pas quoi faire. Je m'assis sur un banc pour réfléchir. La police ne ferait sûrement rien avant demain et cela m'énervait au plus haut point. Soudain j'eus une idée, je n'avais qu'à retourner au lycée, demander aux gens qui l'a connaissait ce qu'elle avait fait à midi, après avoir envoyé le message à sa mère. Je regardai ma montre, il était dix huit heures. Aucune chance de rencontrer quelqu'un. Mais j'y allai quand même, espérant quelque chose qui résoudrait tout.
En arrivant il n'y avait pratiquement personne. Je rentrai et me dirigeai vers le gymnase où il y avait à côté la salle des internes. Peut-être qu'il y en avait qui était dans sa classe. Ils étaient tous entrain de jouer au babyfoot ou de faire leurs devoirs. Je m'approchai d'une table.
- Excusez-moi, je suis à la recherche d'une copine, je sais pas si vous l'a connaissez, Julie Martel?
- C'était pas la meilleure amie de Clara? La fille qui s'est fait ass... Merde! T'es Martin, son frère c'est ça?
- Oui.
- Désolée, je suis un peu conne des fois. On l'a connait juste de vue, pourquoi, elle a disparu?
- Oui, c'est pourquoi je suis à sa recherche, répondis-je ironiquement, légèrement exaspéré.
- Moi je l'a connais, on était dans la même classe l'année dernière, fit un garçon, assis en face de la fille.
- Et tu l'as vu aujourd'hui?
- Ouais, je crois, au self.
- Et elle était comment?
- Sexy et coincée, comme d'hab', répondit-il en plaisantant.
- Deconnes-pas. Elle avait l'air inquiet ou normal? Je sais pas moi...
- Ben comme d'hab' je te dis. Enfin attends...
- Quoi?
- Elle mangeait avec un gars, je peux pas te dire qui, je le connais pas, et puis il s'engeulait, je sais pas pourquoi, elle a crié, il avait l'air hyper gêné, normal, je le comprends, il se fait crié dessus par une meuf, il y a de quoi avoir la hon...
- La suite?
- Ben après ils sont partis ensemble et puis voilà.
- C'est tout?
- Ouais.
- Ok.
Puis je partis, après les avoir remerciés froidement. Dans la cour, il commençait à faire nuit, il n'y avait aucun bruit. Soudain, j'entendis comme des coups que l'on frappait contre une porte. Cela venait de derrière le gymnase. J'avançai prudemment et vit une remise, je ne savais pas qu'il y en avait une, le bruit venait de là.
- Ho, ho, il y a quelqu'un?
- Martin? répondit une voix étouffée.
Tout de suite, je reconnus cette voix:
- Julie?
- Sors-moi de là, je t'en prie! Je n'y vois rien!
La porte était fermée à clé.
- Eloigne-toi de la porte, je vais essayer un truc, je sais pas si ça va marcher.
Et je fis comme dans les films, ne sachant pas si cela allait marcher. Je me projetai, épaule en avant, contre la porte. Elle trembla. Une douleur lancinante au niveau de mon bras m'arracha un cri.
- Martin?
- Attends, je recommence.
Cette fois-ci, elle s'ouvrit, laissant place à Julie, pâle et en pleurs.
- Oh putain! Qu'est-ce que c'est passé? m'exclamai-je.
- Je sais pas!
- Quoi?
- Je... Je me souviens être allée au self et...
Elle s'évanouit.

# Posté le lundi 01 décembre 2008 12:32

Modifié le jeudi 04 décembre 2008 10:39

Chapitre cinq

Chapitre cinq
- Vous vous souvenez bien de quelque chose quand même? demanda l'agent de police.
- Je vous dis que non! La dernière chose que je me souviens c'est que j'allais au self!
- Et le jeune homme qui était avec vous, celui dont personne n'a entendu parler?
- Je sais pas de quoi vous parlez! Demandez aux gens qui étaient à la cantine, je sais pas moi...
- Mais ma chère petite, on ne vous a pas drogué! On vous a assommé mais ça m'étonnerait que ce soit arrivé pendant que vous mangiez devant tous vos petits camarades!
- Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise! hurla-t-elle.
- La vérité! tonna le policier.
J'étais assis sur une chaise dans un des couloirs de l'hôpital, juste à côté de la chambre de Julie. Cela faisait une heure qu'on la questionnait. Et l'interrogateur s'énervait de plus en plus. Il ne comprenait pas comment elle ne pouvait se souvenir de son agression. Car s'en était une. Elle avait été frappée à l'arrière de la tête, un gros bleu le prouvait et elle était vraisemblablement restée évanouie dans la remise jusqu'à ce qu'elle se réveille et que je la trouve. Les analyses de sang montraient que Julie n'avait pas été droguée et la seule possibilité était que sa perte de mémoire était psychologique, mais pas irréversible. Je n'avais pas pu lui parler car arrivée à l'hôpital il y a cinq jours, elle n'avait voulu parler à personne. Puis elle avait accépté que ses parents la voient, puis les policiers. Je n'avais pas osé les déranger et donc j'avais attendu. Mais j'en avais fini, je voulais savoir comment elle allait réellement, la toucher, rencontrer ses yeux...
Soudain, le policier sortit de la chambre, s'approcha de la mère de Julie, lui dit quelques mots que je ne compris pas et il partit.
- Martin?
- Oui madame? répondis-je.
- Tu peux aller voir ma fille si tu veux, je pense que c'est pour ça que tu es là.
- Elle sort bientôt?
- Demain matin. Les docteurs préfèrent la garder en observation cette nuit pour être sur qu'elle ira bien.
- D'accord.
Je me dirigeai vers la porte quand elle m'interpella à nouveau:
- Merci infiniment de l'avoir retrouver. Je sais que je t'ai déjà remercié mais...
Je lui souris. J'entrai ensuite dans la pièce où se trouvait Julie. Cette dernière était couchée, en train de lire un magazine pour filles quand elle me vit arriver. Pour je ne sais quelle raison, elle se mit à trembler.
- Salut, commençai-je, j'ai voulu venir plus tôt mais tes parents et...
- C'n'est pas grave, de toute façon je ne veux pas te voir, m'annonça-t-elle.
- Quoi?
- Je ne veux plus te voir. Je suis sur que tu as parlé de moi et de ces lettres à un de tes potes et c'est pour ça que je me suis fait agresser.
- N'importe quoi! Qu'est-ce que tu me racontes! J'en ai parlé à personne!
- Je suis sure que si alors dégage! D'abord tu mens, tu l'as dit à ma mère! Je ne veux plus jamais te revoir, t'as compris? cria-t-elle.
Je vis qu'elle avait les larmes aux yeux. De colère ou de tristesse je ne pouvais le dire. Et moi, j'étais sidéré. Ce qu'elle disait n'avait aucun sens, elle savait très bien que je tenais à elle, que je ne pouvais pas avoir parlé de ça à n'importe qui... Ou alors ne me faisait-elle pas confiance? Je sentis la rage bouillir en moi.
- Très bien. Puisque c'est comme ça, je ne t'adresserai plus la parole. Débrouille-toi toute seule, je m'en fiche, si tu te fais à nouveau agresser, démerde-toi!
- Parfait, répondit-elle presque imperceptiblement en évitant de croiser mon regard.
Je sortis en trombe de la pièce, furieux. Dehors il faisait nuit et froid. J'enfonçai mes mains dans mes poches et me mit à marcher sans savoir où j'allais. Je me retrouvai sur le parking de l'hôpital, et c'est là que je vis quelqu'un immobile. En m'approchant je reconnus le frère de Charles, Aurélien.
- Ca va? demandai-je, qu'est-ce que tu fais ici?
- On m'a déposé, je veux savoir comment va Julie, me répondit-il.
- Ha d'accord. Mais pourquoi tu bouges pas?
Il ne répondit pas. Je répétai ma question.
- Comment elle va? me dit-il en guise de réponse.
- Bien, elle sort demain, mais tu vas pas la voir?
A peine avais-je fini ma réponse qu'il soupira de soulagement.
- Non, non, je t'ai dis que je voulais juste savoir comment elle allait.
- Tu sais qu'elle a le droit aux visites?
- Oui, oui, mais je t'ai dit que je voulais juste savoir comment elle allait!
- Ok, ne t'énerve pas!
Je l'observai, il semblait nerveux, c'est à peine s'il faisait attention à ma présence.
- Bon j'y vais, me dit-il.
Et il partit, sans un regard pour moi. Je restai un long moment sur ce parking, encore sous le choc de la réaction de Julie et de celle d'Aurélien. Je voulus appeler Charles mais je me retrouvai sur sa messagerie. Je lui demandai de me téléphoner quand il aurait ce message, il fallait que je lui parle de son frère.
La ruelle était luisante. Mes pas résonnaient bruyamment. Un brouillard épais cachait la lune. Un homme était adossé contre un mur ruisselant de pluie. Je m'approchai de lui, je n'arrivais pas à distinguer son visage, il était comme inaccessible, mes yeux ne discernaient plus rien. Je l'entendis parler, presque d'une voix trop forte:
- T'as eu peur pour elle? Tu sais que j'ai voulu la tuer, cette salope, mais le jeu n'aurait pas été aussi amusant... Tu veux savoir pourquoi je m'en prends à elle et pourquoi ta chère soeur est morte, assassinée de mes propres mains?
- Dis-moi, répondis-je plus timidement que froidement, comme si je ne contrôlais pas ma façon de parler.
- En fait, vois-tu c'est parce que ce sont toutes les deux des salopes, voilà pourquoi.
Il commença à rire et je me jetai sur lui, trop lentement, je n'arrivais pas à l'atteindre, mes gestes étaient comme ralentis...
- Bon tu te lèves! hurla-t-il.
- Quoi?
- Tu te bouges oui?
J'ouvris les yeux, ma couverture collait à ma peau, j'étais couvert de sueur.
- Ouais, c'est bon j'arrive, répondis-je d'une voix pâteuse à ma mère qui était sur le pas de la porte de ma chambre.
Elle sortit et je l'entendis descendre les escaliers. Je me replongeai quelques minutes dans mon rêve. Qui pouvait bien être cet homme que Julie avait vu au self? Plus j'y pensais, plus j'étais sûr qu'il ne se trouvait pas au lycée. Chaque personne interrogée n'avait soit pas vraiment fait attention à Julie, soit n'avait pas reconnu la personne qui était avec elle.
Un début de semaine commença, Charles ne m'avait toujours pas rappelé. Je me dis que j'allais sûrement le voir au lycée, et ce fut le cas.
- Salut, fis-je, t'as reçu mon message?
- Ouais, désolé mais j'ai plus de crédit.
- Ha, ok. Mais t'aurais pu m'appeler chez moi.
- C'est vrai... Mais j'y ai pas pensé. Je suis con, comme mec, me répondit-il, le sourire aux lèvres.
- Ca c'est sur! rétorquai en souriant à mon tour, bon alors ce que je voulais te dire c'est que j'ai vu Aurélien à l'hôpital, il avait l'air bizarre.
- Ha bon? Il m'en a pas parlé, bizarre comment?
Je lui expliquai ce qui c'était passé et Charles me répondit qu'il lui parlerait mais qu'il ne savait pas pourquoi il était comme ça.
- C'est peut-être à cause de Clara..., commençai-je.
- Comment ça?
- Il n'était pas un peu amoureux d'elle?
- Aurélien, amoureux? Ca va pas mon vieux! Il a jamais aimé personne! Il est trop jeune, me dit-il en riant.
- Ouais, je sais pas, t'as raison...
- Mais oui, comme toujours! Bon faut qu'on y aille, ça a sonné.
Le mercredi matin, je me rendais en cours de maths quand je vis Julie avec un groupe d'amies. Je la fixai, elle me vit mais fit comme si c'était le contraire. Je m'approchai d'elle doucement, les filles qui étaient avec elle me regardèrent mais elle continuait à m'ignorer.
- Bonjour. Je peux te parler Julie s'il te plaît? dis-je d'une voix posée et décontractée.
- Je sui occupée ça se voit pas? me répondit-elle dans un souffle.
- Ca ne durera pas longtemps.
Elle me fixa quelques instants, puis regarda autour d'elle et enfin elle acquiesça. Nous allâmes dans un autre couloir où il n'y avait personne.
- Tu m'expliques? demandai-je.
- Pardon?
- Pourquoi tu m'évites? Pourquoi tu m'en veux?
- Je t'ai déjà donné ma raison.
- Je ne te crois pas, dis-je en pesant chacun de mes mots.
- Fais comme tu veux.
Elle allait partir quand je la poussai doucement mais fermement contre le mur, me rapprochai le plus près possible d'elle, mes deux bras l'entouraient, de peur qu'elle ne s'échappe.
- Laisse-moi, gémit-elle en essayant de se dégager, mais j'étais plus fort et plus grand qu'elle.
- Arrête de me mentir, je sais que quelque chose ne va pas, il y a à peine une semaine tu m'embrassais et depuis ton agression tu ne m'adresses plus la parole. Merde, mais qu'est-ce que t'as?
- Je..., commença-t-elle.
- Oui?
- Je ne peux pas te parler, ils...ils vont...
- Ils vont quoi?
- S'il te plaît, fous-moi la paix, fit-elle en me suppliant du regard.
Je ne répondis pas et la regardai fixement. Même si je ne comprenais rien à ce qu'elle essayait de me cacher, même si elle m'énervait et m'apeurait, je ne pus que constater qu'elle était magnifique. Je me penchai doucement, nos bouches se touchant presque et je me sentis revenir six mois en arrière, à la fête de fin d'année. Julie respirait fort, elle semblait intimidée et aussi envoutée, elle ne détachait plus ses yeux de mon regard. Brusquement je l'embrassai. Elle sursauta, tenta de se dégager puis, au fur et à mesure, elle se détendit et répondit à mon baiser. Elle posa ses mains tremblantes sur mes joues, les miennes étant toujours contre le mur. Puis je les posai sur ses hanches, je me rapprochai encore un peu plus d'elle. Le temps semblait s'être arrêté mais tout à coup, elle recula. Essoufflée elle me regardait, l'inquiétude se lisait dans ses yeux. Sans un mot elle s'enfuya à toute jambes, je n'eus pas le réflexe de la retenir une nouvelle fois. Je passai une main sur mes lèvres encore brûlantes, puis me laissai glisser par terre. "Mais qu'avait-elle pour ne pas vouloir me parler? De quoi avait-elle peur?", me demandai-je intérieurement.
- Je vais le découvrir, je vais le découvrir,..., répétai-je à voix haute pendant plusieurs minutes.
Au bout d'un certain temps, je me levai et me dirigeai vers ma salle de classe.

# Posté le lundi 08 décembre 2008 12:41

Modifié le mardi 09 décembre 2008 12:24

Chapitre six

Chapitre six
Vendredi 19 Janvier. La neige avait seulement commencé à tomber trois jours auparavant. Je me levai de mauvaise humeur, sans savoir pourquoi. Arrivé dans la cuisine, je trouvai ma mère assise devant un bol de café. Quand elle me vit, elle sourit et vint m'embrasser.
- Bon anniversaire mon chéri, me dit-elle.
Et ce fut après sa phrase que je me souvins. Vincent organisait une fête pour moi, à partir de vingt heures. Mais je ne voulais pas y aller, je ne savais toujours pas pourquoi Julie ne me parlait plus, je ne savais toujours pas qui était la mystérieuse personne du self et je n'avais vraiment aucune envie de m'amuser. Mais j'étais obligé d'accepter, ma mère était d'accord et mes amis faisaient ça pour me remonter le moral. Ces derniers n'auraient sûrement pas apprécié que je refuse.
- Alors, t'es prêt pour ta soirée?
- Ouais ouais m'man, ça va être génial, lui répondis-je sans conviction.
Elle ne parut pas remarquer le ton de ma phrase. Je mangeai lentement, sans me presser, allai me doucher et ensuite m'habiller. Je manquai le bus et me retrouvai dans celui d'après où se trouvait comme par hasard Vincent. Je vins m'asseoir à contre coeur à côté de lui.
- Alors mon vieux! Ca va? Bien dormi? Tu penses pas trop à ta super fête? commença-t-il.
- Ben si, comment ferais-je pour ne pas y penser?
- Ca va être trop bien, j'ai invité tous nos potes de classe, des gens de seconde, d'autres du collège d'avant...
- Des gens de seconde, c'est-à-dire? le coupai-je.
- Charlotte, Camille, Malik, Julie...
- La meilleure amie de Clara?
- Tu veux que ce soit qui d'autre? En plus j'ai bien vu que tu craquais sur elle donc je t'ai rendu un service pas vrai?
- Ouais c'est sur, merci, répondis-je en pensant le contraire de ce que je disais, mais elle va sûrement pas venir...
- Si si, qu'est-ce-que tu racontes! Sois pas pessimiste comme ça!Elle m'a dit qu'elle venait.
- Ha, ok.
Je restai perplexe. Comment se faisait-il qu'elle soit d'accord pour venir alors qu'elle m'évitait? Etrange. Finalement j'avais tout à coup légèrement plus envie de venir à cette fête. Devant le lycée je retrouvai d'autres amis. Nous discutâmes pendant un moment. Puis Charles arriva, il était pâle et semblait en colère.
- Ca va? demanda Vincent, inquiet.
- Pas vraiment, répondit-il.

- Pourquoi?
- Je... Mon frère... a tenté de se suicider...
- Quoi? hurlèrent-nous en coeur.
- Pour l'instant il dort chez nous, il a l'air d'aller mieux mais...
- Tu sais la raison de... commençai-je mais il ne me laissa pas terminer.
- Non. Sérieux, je vois pas ce que ça pourrait être, c'est affreux et en plus il ne veut plus me parler, en fait il ne veut parler à personne.
Nous restâmes silencieux. La sonnerie retentit, nous nous dirigeâmes lentement en direction de nos cours respectifs. Chacun avait l'esprit embrouillé de pensées sombres, tristes et morbides. Charles ne venait pas à "ma" fête et je me demandais de plus en plus si je n'allais pas faire comme lui.
Il sonna à la porte. On vint lui ouvrir, une jolie fille, très brune avec de grands yeux noisettes, qui ressemblait étrangement à son grand frère, se trouvait dans l'entrée. Elle lui sourit.
- Alors frangin! Depuis quand tu sonnes chez toi? questionna-t-elle en souriant.
- Depuis que j'ai oublié mes clefs sur ma table de nuit ce matin, grommela-t-il, bon tu me laisses entrer la naine?
- Mauvaise humeur?
- Humf, c'est juste que Julie ne veut plus me parler, qu'Aurélien, tu sais le frère de Charles, ne va pas bien, qu'il faut que je trouve ton assassin et puis que tu me manques.
- Toi aussi tu me manques, lui dit-elle les larmes aux yeux, mais faut que je parte.
- Quoi? Tout de suite? Ca fait seulement deux secondes que je te parle et tu veux déjà me laisser?
- Je m'en vais, c'est mon nouvel ami qui m'y aide.
- Que...
Soudain un homme entra dans la pièce où se trouvaient les deux adolescents. Le grand frère ne parvenait pas à voir qui il était mais quelque chose de mauvais émanait de lui. Il ne savait quoi. La soeur reprit la parole:
- Regarde comme il est gentil!
L'homme fit apparaître un bouquet de fleur devant la tête de la jeune fille. Une multitude d'½illets, ses fleurs préférées. Mais ce rêve étrange se transforma vite en cauchemar, ce que tenait l'homme sans visage dans ses mains devint un couteau qu'il pointait dangereusement en direction du ventre de la fille.
- Non! hurla l'adolescent.
- Tu vas me manquer, dit sa soeur secouée de sanglots, t'aurais du me sauver, je sais, mais je t'en veux pas.
Je me réveillai en sursaut dans ma chambre, la tête dans les bras, sur mon bureau. Mon téléphone portable vibrait, j'avais un message: " Vieux on aten plus ke toi!!!! Grouille! ".
- Merde! m'écriai-je.
Il était vingt heures et quart. Je me précipitai à la salle de bain pour me brosser les dents. Puis je me changeai, une chemise blanche et un jean droit noir. Je risquai d'avoir froid mais tant pis. J'enfilai mon blouson en cuir, mes converses et entendis ma mère crier:
- Bonne soirée mon chéri. Tu restes dormir chez Vincent?
- Ouais! répondis-je.
- D'accord, à demain! Amuse-toi bien et ne bois pas trop, dit-elle d'un ton ironique.
- C'est ça... Bon bisous!
Je claquai la porte et courut prendre le bus qui menait au quartier riche où habitait Vincent. Arrivé devant chez lui tout était silencieux, il n'y avait aucune lumière. Je m'avançai prudemment jusqu'à la porte d'entrée et...
- Bon anniversaire!
Tous mes amis crièrent d'une même voix après que Vincent ait eu ouvert la porte en grand. Je souris vaguement, feignant d'être content, mais en fait tout ce qui m'importait était de voir Julie. Mais elle ne semblait pas être là. On me prenait par les épaules, on m'offrait à boire, à manger, la musique était plus que forte et je sentais l'adrénaline montée en moi. Je n'avais pas ressenti ça depuis que ma soeur était morte. Je n'avais pas été à des fêtes depuis. Il s'écoula une demi heure pendant laquelle j'avais réussi à boire comme je le désirais et à me faire draguer par quatre filles. J'étais encore lucide. Et heureusement. Car je vis Julie adossée contre le chambranle de la porte du salon. Elle souriait. Elle me souriait. Je me sentis soulagé, et m'approchai d'elle.
- Salut, criai-je pour couvrir le bruit de la musique.
- Salut, répondit-elle presque imperceptiblement.
- Je savais pas si t'allais venir, Vincent m'avait dit qu'oui mais j'étais pas sur à cause de l'autre coup quand je t'ai embrassé et...
- Je savais pas si j'allais venir non plus mais il faut que je te parle.
- Viens, on va ailleurs, là on entend rien.
Nous allâmes à la cuisine, j'avais légèrement la tête qui tournait, je m'appuyai contre l'évier.
- Vas y je t'écoute.
Elle me regarda étrangement, sembla hésiter puis s'assit sur une chaise et posa ses deux mains sur la table.
- J'ai pas vraiment un trou de mémoire, commença-t-elle.
- Je m'en doutais un peu, dis-je.
Elle rougit.
- Je veux bien te raconter mais s'il te plaît ne t'énerve pas, je voulais te le dire mais j'avais trop peur...
- Peur de quoi?
- Du gars de la cantine.
Le silence se fit dans la pièce. Puis elle reprit la parole.
- J'allais au self et je me suis pas rendue compte tout de suite q'un mec était derrière moi... enfin il y a toujours quelqu'un derrière soi quand on va à la cantine mais j'avais l'impression qu'il me collait. J'étais avec des copines alors je m'en foutais, je me sentais pas en danger.
Elle me regarda dans les yeux pendant un moment.
- Mais tout à coup le gars m'a parlé à l'oreille, il chuchotait et il m'a dit que si je voulais savoir des trucs sur... sur la mort de Clara il fallait que je reste avec lui et que j'attende que mes potes soient parties. Puis quand elles ont plus été là on a pris nos plateaux. J'avais trop la trouille tu peux pas savoir. On est allé à une table dans un coin tranquille puis il a commencé à me dire...
- Quoi?
- Que je devais plus te parler sinon il te ferait pareil qu'à julie. J'ai crié, je me suis énervé, limite j'ai failli renverser mon plateau. Il ma agrippé le bras super fort, à me faire mal et il m'a dit que j'avais pas le choix, que c'était comme ça et pas autrement. Et... je lui ai demandé si c'était lui... qui l'avait... tué et... il a ri. Il a dit que j'étais... conne, que je ne comprenais rien à rien.
Julie tremblait, je vins m'asseoir à côté d'elle et pris ses mains dans les miennes. Je l'incitai à continuer.
- Puis il m'a emmenée dehors, derrière le gymnase et je sais pas comment c'est possible mais il avait les clefs de la remise, il m'a poussé dedans et...
Elle se mit à pleurer doucement. Je serrai plus forts mes mains.
- Il m'a raconté comment... comment elle était morte... enfin je veux dire comment elle était quand elle est morte, la tête qu'elle a fait...
Je serrai les dents de rage. Quant à Julie, elle semblait ne plus pouvoir s'arrêter de parler:
-...il m'a dit que si jamais je te parlais, que je... t'embrassais, il te tuerait... Il savait qu'on s'était déjà embrassé! Il m'a dit aussi que j'avais pas le droit d'être heureuse...
- Mais il t'a dit pourquoi?
- Non, je sais pas, je comprends pas. Et après il m'a dit de me tourner et il m'a assommé.
Nous restâmes silencieux, les tremblements de Julie finirent par se calmer. Mais il me restait encore une question à élucider.
- Pourquoi tu m'en parles? Je veux dire, t'avais tellement peur d'en parlé avant, tu m'évitais et maintenant tu déballes tout...
- J'ai réfléchi et je me suis dit que la meilleure solution était de le dire à mes parents et à la police comme ça tu ne risquais plus rien.
- Ils ont trouvé le gars?
- Non. Sinon on aurait téléphoné chez toi, je pense.
A peine eut-elle fini sa phrase que mon téléphone sonna.
- Allô?
- Martin?
- Maman, tu pleures?
- Ils l'ont trouvé!
- De... Qui?
- L'assassin de Clara! Julie a parlé à la police, je t'expliquerai mais ils l'ont eu!
- Oh mon dieu! Putain c'est...
Je ne trouvais pas les mots. Je me sentis soulagé. Je lui dis que Julie venait de tout me raconter. Ma mère me souhaita une bonne soirée. Je me tournai vers Julie, elle me regardait comme si elle avait compris.
- Ils ont...
- Je sais.
Sans réfléchir je l'emmenai dans le salon où un slow se jouait. Je l'a pris dans mes bras et nous dansâmes presque toute la soirée.
Vers une heure du matin, je sortis pour prendre l'air, j'avais chaud. Je vins m'asseoir sur les marches qui menaient au jardin. Je pensais à Julie, à ma mère, à ma soeur... Soudain j'entendis un craquement de branche. Je me retournai vivement, le coeur battant. J'aperçus une forme.
- C'est qui?
Elle ne répondit pas et partit. Je ne m'inquiétai pas plus. J'étais un peu ivre et je n'arrivais pas vraiment à réfléchir. Je recommençai à laisser mon esprit vagabonder quand je sentis une présence derrière moi. Je n'eus pas le temps de bouger, quelque chose de dur et de froid s'abattit sur ma tête. Puis plus rien.

# Posté le mercredi 24 décembre 2008 08:59

Modifié le mercredi 24 décembre 2008 09:10

Chapitre sept

Chapitre sept
J'ouvris les yeux. Du blanc. Partout. Sur les murs, les draps, le plafond. Les draps? Je clignai plusieurs fois des yeux. J'aperçus une forme floue assise dans un fauteuil. Je me raclai la gorge. La personne sursauta et me regarda.
- Martin...
Elle s'approcha. Je clignai des yeux à nouveau. Mon c½ur s'emballa, mes mains devinrent moites.
- Ca va? Tu te sens comment?
Cette voix... Je poussai un soupir de soulagement.
- Maman...dis-je en chuchotant presque.
- Mon chéri, j'ai eu tellement peur pour toi, attends, je reviens, je vais prévenir le médecin.
Elle m'embrassa sur le front, me sourit et sortit de la pièce, me laissant complètement désemparé. Quelques minutes plus tard elle revint, suivie d'un homme portant une blouse blanche.
- Bonjour Martin, je suis le docteur Marchall, vous vous sentez comment?
- Qu'est-ce-que je fais ici? J'étais à la fête et puis...
- Chéri, la fête a eu lieu il y a deux semaines, m'interrompit ma mère.
- Quoi? Mais c'est pas possible! Il s'est passé quoi entre temps?
- Tu étais ici, à l'hôpital, je ne vais pas te disputer mais...
- Mais quoi?
- Enfin tu t'amusais et tu es jeune, je veux dire c'est grave mais...
- On peut m'expliquer, je comprends rien!
- Ce que veut dire votre mère, dit le médecin, c'est que le soir de votre fête, vous vous êtes drogué et vous avez fait une overdose. Et depuis vous étiez dans le coma.
- Dans le coma? Mais j'ai pas pris de drogue qu'est-ce que vous dites, j'étais dehors parce qu'il faisait trop chaud et on m'a assommé! Je me souviens de rien après!
Le docteur regarda ma mère d'un air compatissant, qui elle, avait les larmes aux yeux.
- Vous avez reçu un choc, c'est normal, et l'effet de la drogue a probablement déformé votre mémoire...
- Mais quelle drogue? Vous en avez la preuve?
- On a fait des analyses et nous avons bien vu...
- Et j'ai pris quoi?
- De l'ecstasy.
- He mais vous êtes malade ou quoi? Je prendrais jamais un truc pareil, vous m'écoutez ou pas, je me suis fait assommé et je me souviens de rien après, c'est sûrement le meurtrier de Clara qui a fait ça... ou... je sais pas...
- Il est en prison, chéri.
- Je sais, mais s'ils ont pas chopé le bon ? Et arrête de m'appeler chéri, merde! hurlai-je.
- Tu es en état de choc, l'assassin de ta s½ur est en prison, tu t'es drogué parce que t'étais à une fête, je peux comprendre et tout ce qu'il te faut c'est du repos.
- Mais... Maman! Je te mens pas.
- Je sais chéri, tu es sûr de ce que tu dis mais dans quelques jours tu penseras autrement. Repose-toi, ça va aller...
Je n'eus pas le temps de répondre, le docteur et ma mère sortirent de la pièce. Je restai immobile pendant un moment puis une idée me vint à l'esprit. Un sac était posé sur une chaise, je me levai vite, presque trop, je manquai de tomber, m'agrippai au barreau du lit, fermai les yeux et tentai de reprendre mon calme. Enfin je m'approchai du sac et regardai à l'intérieur. Je sortis toutes mes affaires que ma mère avait probablement amenées. Enfin je trouvai ce que je cherchais. Mon téléphone portable. Il était éteint. En l'allumant je découvris que je n'avais pas beaucoup de messages, ce qui n'étais pas étonnant puisque mes amis savaient que j'étais à l'hôpital. Mais je fus quand même légèrement déçu de voir que je n'avais aucun appel de Julie. Je décidai de l'appeler. Il y eu qu'une seule sonnerie et l'appel fut coupé. Je restai perplexe, essayer à nouveau mais je tombai directement sur sa messagerie. Je raccrochai. Quelques minutes après mon téléphone sonna, je me précipitai, Julie:
-Martin?
- Salut! Ca va?
- Moi oui mais toi? T'es réveillé depuis quand? répondit-elle d'une voix apeurée.
- Ca fait bien une demi-heure, pourquoi t'as raccroché tout à l'heure?
- Je suis en cours, j'ai dit à mon prof' que j'allais au toilette. Mais tu vas bien?
- Ca va mais ma mère est devenue folle, elle dit que je me suis drogué et que j'ai fait une overdose!
- Mais c'est ce qui s'est passé!
- Je sais! Mais j'ai pas pris de l'ecstasy putain c'est pas normal!
- Arrête de hurler! Ecoute je sais pas ce qui s'est passé, on attendait tous que tu te réveilles pour nous expliquer...
- Expliquer quoi?
- Pourquoi on t'a retrouvé au fond du jardin de chez Vincent en...
- En quoi?
- Je... Martin t'étais pris de convulsions c'était affreux! On a appelé les pompiers et ils t'ont emmené et on nous a dit que t'avais fait une overdose, que t'étais dans le coma mais que normalement tu devais te réveiller bientôt!
J'entendis un "bip".
- Juliette?
- J'ai plus de batterie! Je viens te voir près les cours promis!
- Attends j'ai encore...
Je ne pus finir ma phrase.
On frappa à la porte de ma chambre. Julie entra. Elle portait un manteau noir, une écharpe bleu marine, un jean slim gris légèrement trop grand et des converses, pour ne pas changer les habitudes. Elle resta devant la porte, gênée, jusqu'à ce que je me décidai à arrêter de la regarder pour l'inciter à venir plus près. Je ne devais pas être très présentable, je m'étais quand même habillé mais mes cheveux étaient en bataille sur ma tête. Je réalisai alors que je ne m'étais jamais vraiment préoccupé de mon physique, me pensant irrésistible quelque soit le moment de la journée, avant que Julie ne me plaise. C'est elle qui prit la parole en premier, pendant qu'elle enlevait son manteau timidement:
- Tu vas bien?
- Ca va, à part la fait que j'ai fait une overdose, que personne ne croit à mon histoire et que j'ai perdu deux semaines.
Julie rougit et baissa la tête.
- Je suis désolée, tu sais, je suis conne, je pense pas... bredouilla-t-elle.
- Dis pas ça, la coupai-je, je suis juste de mauvaise humeur et j'ai parlé à personne de la journée à part à ma mère.
- ...
- Quoi?
- Je veux bien croire à ton histoire mais il faut que tu m'expliques...
- Je suis sorti pour prendre l'air tu te souviens? Et après quand j'étais assis sur les escaliers qui menaient au jardin j'ai entendu du bruit, je me suis retourné, il y avait quelqu'un mais j'y ai pas prêté attention et ensuite on m'a assommé.
-...
- Arrête!
- De quoi?
- Ton silence! Ca devient gênant, je vais pas te manger!
Elle rougit à nouveau pour une autre raison cette fois j'en étais sûr.
- Tu me crois?
Elle sembla réfléchir et au moment où je voulus reprendre la parole elle répondit:
- Je pense oui, mais ce que je comprends pas c'est pourquoi on t'a assommé? Je veux dire je pense à quelque chose mais...
- Mais quoi?
- Tu vas peut-être me prendre pour une folle...
- Essaye toujours on verra.
- Je pense que le gars qu'ils ont arrêté n'est pas le tueur de Clara...
- Moi aussi!
- C'est vrai? Ca me soulage mais attends j'ai pas fini, ils ont montré la photo du gars à la télé donc je me suis bien rendu compte que c'était bien lui que j'avais vu au self...
- Comment tu peux penser que c'est pas l'assassin alors?
- Ben, quand je lui ai demandé si c'était lui le... enfin celui qui l'a tuée, il m'a rit au nez et a dit que je comprenais rien à rien...
- Bizarre...
- Comme tu dis...
Nous restâmes silencieux puis je pensai soudainement à quelque chose:
- Il est dix-neuf heures, tu devrais pas rentrer chez toi?
- Peut-être... Mais j'ai pas envie...
Je souris, m'allongeai sur le lit et fermai les yeux. Au bout de plusieurs minutes Julie me parla:
- Martin?
- Mumm...
- Ca te dérange si je me mets à côté de toi?
- Pourquoi ça me dérangerait? répondis-je en ouvrant un ½il.
Elle se jeta presque sur le lit comme une petite fille heureuse et excitée. Au début elle était immobile, couchée à quelques millimètres de moi puis sa main toucha la mienne, je ressentis come une décharge électrique et elle vint poser sa tête contre mon torse, et moi mon bras autour de ses épaules.




Voilà, nouveau chapitre, un peu en retard je sais mais j'ai eu quelques problèmes techniques et j'ai failli perdre mon sang froid =)
Alors, verdict? (il est un peu court je sais mais ça maintient le suspens... ^^)

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 08:31

Modifié le mardi 03 février 2009 05:04